Un million de paroles, des regards, des suspicions, d'idées, de regrets. C'est ça la vie, 95% d'apparence, parce que c'est chic, parce que c'est beau, parce que c'est comme ça, on appelle ça la mode. La mode tue, nous diffère, nous éloigne, nous plonge dans un coma mélancolique, dans une dépression continue de mieux, de plus beau, de plus in. On ne veut pas vieillir, vieillir, c'est dire adieu à l'innocence qu'on porte comme excuse perpétuelle face aux mauvaises choses qu'on peut faire. Greffé à un bureau d'école pour devenir quelque chose, quelqu'un, par envie ou par dépit, on ne sait pas trop. On essaye de garder des souvenirs, des traces de l'existence, pour ne pas oublier ce que nous avons été. Mais c'est aussi 5% de réalité, de bonheur, des sentiments, de passions, de jubilation quelconque qui nous font sourire, détester, pleurer ou aimer. 5%, répartis sur environs 80 années, chaque jour, soit une minorité qui pourrait nous faire abandonner. Douze millions d'inspirations, de risques, d'achats, de secondes. Tout ça pour ça : ne pas avoir le temps de rectifier nos erreurs.
PERPETUELLE ADDICTION A UNE PERPETUELLE MACHINATION.